Verone

ZOO – Le premier album de VERONE, « Retour au zoo » (Martingale), était une oeuvre dilatée et fantasmagorique, où pop cotonneuse caressait avec langueur electronica et textes oniriques. Alchimie subtile d’infl uences diverses, cet opus consacrait la formation, alors trio à géométrie variable, comme l’une des révélations françaises rock de l’année 2005.

CROCODILE- Manifestant vite l’envie d’explorer de nouveaux horizons, Fabien Guidollet et Delphine Passant, désormais duo à part entière, vont prendre le temps d’apprivoiser la scène en couple. En cours de route, ils s’amusent à collecter des ambiances sonores (qu’on retrouvera pour certaines sur le nouvel album), entre orchestres croates et fête de la moisson briarde. Ils participent aussi aux Francofolies de la Rochelle et au Festival C’est dans la vallée en 2009. Et c’est cinq courtes et longues années qui mènent à ce second long format « La fi ancée du crocodile » ; ou la promesse d’un univers ludique et fantaisiste, tour à tour extraverti et intimiste.

LEGO – Chez VERONE, les remises en question sont souhaitées et excitantes. Chercher une texture sonore pour fi nalement la gommer, chérir JJ Cale, le Nino Ferrer 70’s décalé de « Véritables variétés verdâtres », ou encore les écossais bidouilleurs The Beta Band, digérer ces infl uences pour fi nalement les oublier, constitue pour eux un terreau fertile et propice à la création. Un jeu de Lego où déconstruire est construire, où rebrousser chemin est la route à prendre. Un enchevêtrement d’idées pour s’approprier un ailleurs et échapper au conformisme ambiant. Réunissant parfois en studio différents musiciens, pour passer ensuite au robot-mixeur des ordinateurs les enregistrements obtenus, c’est fi nalement en mélangeant arrangements et sonorités autour des voix de Fabien et de Delphine que chaque morceau, façonné à son tour, devient unique.

PAPOUS – Faisant la part belle aux textes de Fabien, directs, crus, tout en étant surréalistes, ‘Si tu n’ vas pas te laver Un groin bientôt te poussera Naf Naf le petit cochon Tu fi niras en jambon’ (« L’élixir du Suédois »), chaque chanson conte une histoire (l’empereur et son bal, le garage et les mioches qui braillent), singulière et décalée, mourir »). Si le premier album de Verone était saupoudré de sons synthétiques, « La fiancée du crocodile » privilégie une approche plus organique : un bricolage ambitieux aux rebonds inattendus et multiples, dans lequel les guitares et le banjo sensuels de Delphine se frottent au phrasé si particulier de la voix de Fabien et aux constructions psychédéliques nées de leur ordinateur, ainsi qu’aux percussions électroniques et acoustiques. Dynamiques et audacieux, depuis un rythme charleston années 20 jusqu’à une balade « Caraïbes » chaloupée, en passant par un rock planant pink fl oydien ou une ambiance de fête foraine surannée, dix titres qui nous transportent dans un univers poétique et féérique en perpétuel renouvellement.

Plusieurs musiciens amis sont venus ajouter leur grain de sel aux sessions d’enregistrement : Jeanne Balibar, qui a accepté d’être l’interprète féminine de « Transparent » suite au coup de coeur du duo pour son album « Paramour », Frédéric Lo (Daniel Darc), Dominique Mahut (l’homme de l’ombre derrière Jacques Higelin), Sammy Decoster, Mark Kerr (le batteur écossais des Rita Mitsouko et de Joakim), Jérôme Bensoussan (Dominique A), et quelques autres encore… Co-produit par Riatto (alias Tom fury, déjà présent sur « Retour au zoo »), l’album a été mixé par Yann Arnaud (Syd Matters, Air) et Paul Kendall (Depeche Mode, Wire).

Et c’est enfin Olaf Hajek, peintre et illustrateur berlinois, reconnu internationalement pour son travail d’orfèvre, et qui compte parmi ses clients Dior ou Givenchy, qui a réalisé (entièrement à la main !) la pochette du disque, surréaliste et riche en couleurs, ainsi que celle du premier single, « La fiancée du crocodile ».